Une Habitude Historique
Le soutien-gorge et la petite culotte, tels qu'on les connait de nos jours, sont des inventions en fait très récente. Depuis la nuit des temps, femmes et hommes allaient nus sous leurs vêtements et ce, jusqu'au milieu du XIX° (1801 – 1900), et personnes ne s'en offusquaient ! Bien au contraire, les dessous étaient réservés aux prostituées pour aguicher les clients. Et de nos jours, les sous-vêtements sont souvent utiliser à des fins de séduction…

Préhistoire : (jusqu'en – 3 000)
Il est évident qu'à cette époque, le vêtement avait pour unique fonction de se protéger du froid et non du regard de l'autre.
Antiquité : (- 3 000 à + 476)
A l'époque romaine, femmes et hommes portaient un linge de corps, la tunica (tunique).

Pour sortir dans la rue, seules les femmes mariées portaient la stola (sur la tunica), ainsi que d'une palla.
Les autres femmes ne sortant vêtues que de leur tunica et de leur palla.
Quant aux hommes, la toge, portée sur la tunica, était réservée qu'aux plus hauts dignitaires.
Quelques femmes utilisaient un fascia pour comprimer leur poitrine. Celle-ci devant être menue car les poitrines opulentes étant l'apanage des prostituées.

En Grèce, la tunica porte le nom de chiton et le fascia s'appelle le strophium, mais ils sont identiques aux équivalents romains.

De même en Egypte, les femmes et hommes étaient nus sous leur robe et leur pagne. Et là encore, seules les prostituées et les esclaves portaient une sorte de cache-sexe : symbole de soumission. Les femmes libres se devant d'aller nues sous leur tunique.

Moyen-Age : (476 à 1492)
Le linge de corps n'est qu'une simple chemise, allant jusqu'aux chevilles. Elle était nécessairement blanche afin de pouvoir la faire bouillir pour la laver.
 
Aux environs de 1450, découvrir sa poitrine était à la mode. En effet, Agnès SOREL (maitresse du roi Charles VII) se présentait régulièrement à la cour avec des robes dévoilant un ou deux seins. A cette époque, la cour crée la mode ; les femmes du peuple la copiant. Ceci est encore vrai à notre époque : les jeunes ne copient-ils pas leurs idoles (TV, ciné…).
Et sous la chemise, qu'il-y-a-t-il ? Toujours pas de soutien-gorge ni de petite culotte.

Au XVI° et XVII° : (1501 à 1700)
Les femmes de la noblesse française ont essayé de garder leurs poitrines petites et fermes par des massages aux herbes et en évitant d'allaiter leurs enfants. Cette tâche étant confiée à des nourrices (femmes qui allaitaient en permanence pour garder la montée de lait).
Ce fut l'apparition des premiers corsets lacés qui se portaient sur la chemise ! Les aristocrates imposent une mode rigoriste avec des corsets qui compriment les seins.

En bas, une femme respectable se devait d'avoir une chemise (ou d'un jupon de toile fine) et rien d'autre en dessous. Et ce, malgré la tentative infructueuse de Catherine de Médicis (1571), d'introduire "la culotte pour femme" qui fût nommé "bride à fesses" (venant des prostituées vénitiennes).
A l'origine, la culotte est un vêtement moulant porté exclusivement par les hommes et là encore, sans rien en dessous. D'ailleurs, l'expression "porter la culotte" ne fait pas référence au sous-vêtement, mais au pantalon ; par opposition à la jupe.
La nudité, sous les robes, sera même l'objet de bien des aventures et mésaventures lors des parties de balançoire (très prisées à l'époque) ou des chutes de cheval (comme celle de Mme de La Fayette qui fera bien rire Louis XIV).
L'air (ou L'automne) de Claude DERUET
Au XVIII° (1701 à 1800)
Le corset se porte toujours sur la chemise, mais sous la robe. Ces derniers sont si serrés qu'ils causent de multiples avortements et déformations de la colonne vertébrales, malgré les alertes et avertissements données par les médecins.
Avec Marie-Antoinette (1770) apparait les crinolines afin de bien marquer les hanches et affiner (visuellement) la taille. Mais toujours fesses nues.
Avec la révolution de 1789, les corsets disparaissent un temps. "Que les mères veillent sur leurs propres enfants !". Tel fut un des cris de bataille de la révolution française, qui fut immortalisé par des dessins de femmes, poitrines nues, pour symboliser la générosité et l'abondance attendue de la nouvelle république.
Extrait de "Louis XVI, l'homme qui ne voulait pas être roi" de Jacques Dubuisson
Au XIX° : (1801 à 1900)
Bien qu’ils devaient être séparés, les petits seins étaient à la mode. Pour cela, on utilisait un triangle métallique appelé corset-divergent. Cependant, l'époque Victorienne (1837 – 1900) a donné lieu à la naissance des développeurs de seins. Ces derniers subsistent encore de nos jours : crèmes, lotions et choses étranges qui ne faisaient qu'endommager leur santé.
C'est à cette époque que "le pantalon de lingerie" commença à être porté comme sous-vêtement. Il fut importé d'Angleterre où il était porté par les jeunes filles lors de leurs séances de gymnastique. A l'époque, on lui prédit un avenir éphémère, car celui-ci dépassait très légèrement de la robe, à la hauteur des chevilles ! Les stylistes le firent alors plus court et l'appelèrent "culotte".
Des autorisations délivrées par la préfecture de police, toléraient le port de cette culotte pour les femmes cyclistes (sans la jupe) à condition qu'elle soit en vélo ou qu'elles le pousse. Ce fut-là, les prémices du pantalon pour femme.

Au XX° : (1901 à 2000)
Dans les années 20 et 30, les vieux corsets d'os se sont transformés et ont donnés naissance aux premiers soutiens-gorge de toile, en créant un aspect plus doux et naturel. Mais ils n'eurent aucun succès.
C'est à cette époque que la culotte remplaça alors progressivement, jusqu'en 1930, les "pantalons de lingerie", fendus ou non, que se sont mises à porter les femmes sous leurs robes. La mode des robes moulantes rendirent ces culottes gênantes, et plutôt que de ne rien mettre, les stylistes ont créé la petite culotte, sous la marque "petit bateau" (ça vous rappelle quelque chose ?), qui s'arrêtait au-dessus du genou. Les années suivantes firent raccourcirent la culotte et lui donnèrent le visage qu'on lui connaît désormais.

Avec la libération, à la fin de la seconde guerre mondiale, les américains débarquèrent avec, notamment, le Be-Bop ; dance qui fait virevolter en l'air les jeunes filles. La bonne morale imposa donc que les jeunes filles portent une culotte. C'est à cette époque que cette (mauvaise) habitude fut définitivement prise.

Durant les années 60, le mouvement hippies (torses nus) et le Mouvement de Libération de la Femme entraineront les femmes à brûler leurs soutiens-gorge. Mais malheureusement, ce mouvement fut de très courte durée. Les femmes ont remis leur soutien-gorge très vite et ne l'ont plus jamais quitté.

Dans les années 1980, la taille de la culotte se réduisit encore un peu plus pour une raison de discrétion sous les vêtements : le string était né.

Ainsi, si l'on veut respecter l'évolution "naturelle" des choses, l'étape suivante devrait être sa disparition complète, et ainsi revenir à son état naturel. Car en définitive, porter une culotte comme sous-vêtement n'est vieux que depuis moins de 2 siècles !

D'autant que dans d'autres pays, jusqu'à très récemment, porter un vêtement sans dessous était quelque chose de normal ; comme le kimono japonais, le sari indou, le paréo tahitien, et le célèbre kilt écossais !